De l’origine des mots…


J’ai lu un texte marrant chez pathcath, les réveurs éclairés.  Du coup j’ai voulu faire un commentaire intéressant qui s’est avéré trop long pour en encombrer le blog de quelqu’une d’autre.  Je sais pas quoi en faire, du coup je le range ici, il dérangera pas les courants d’air.
Le jeu consiste à trouver l’étymologie de « nyctalope ».  Je crois  que ça vient de Floride ou du Loir et Cher, voire même de l’Oise, bref plus d’infos sur ce sujet dans un lien qui est donné sur le blog de Pathcath et que je ne donne pas ici par prophylaxie.

Je croyais que c’était à cause d’une certaine gargouille nocturne et baladeuse, qui commettait les pires méfaits dans les rues huppées des beaux quartiers.  Il parait qu’elle alla un jour jusqu’à dire « connard » à un échevin, voire même à se draper dans un caraco doré.   Alors on la poursuivait, mais elle s’échappait, toujours, en re-grimpant aux tours de la cathédrale dans les premières lueurs de l’aube. Et chaque fois moqueuse elle faisait un bras d’honneur en disant « Toc » puis une lippe, en disant « Na ! » , éclairée par le soleil levant la grimace se figeait  dans la pierre, la gargouille devenait intangible à la punition que lui promettaient ses poursuivants.
Les petits gredins moqueurs, qui n’ont jamais manqué à Paris refaisaient cette expression, quand acculés ils s’apprêtaient à se faire rosser, ou prendre, et souhaitaient devenir impavide comme une statue.  Certains pensent qu’ils la faisaient aussi s’ils croyaient avoir échappé, mais si cela se produisit ce fut toujours sans témoins de sorte que ce ne sont que des conjectures.
Poulbot le peintre a développé une industrie en les représentant. Il a fait école, le Poulbot s’est substantivé pour désigner son sujet principal, le pauvre gamin des rues de Paris  ;  de nombreux peintres se sont inspirés des toiles de Poulbot et ont tenté de les reproduire, en copiant ou sur le motif, ce qui demandait de la santé et du courage.

Dans toute profession, surtout les artistiques se développe un langage particulier, un argot spécifique. Et donc chez les peintres à Poulbot, on appelait ce motif « lippe Na Toc », celui où un gamin des rues défie les bourgeois et la police par un bras d’honneur et une grimace, laquelle nous fait presque entendre les cris de ces enfants brisés. Comme par exemple dans ce dialogue authentique :

– « Ha je suis content ! j’ai bien vendu aujourd’hui !
– Ha bon, t’as de la chance, paske moi… et t’as vendu quoi si c’est pas indiscret ?
– heu 1 ou 2 « cul nu » ( ndla : un autre motif courant ) et pas mal de « lippe Na Toc », ça plait toujours ça.
– ha ouais mais j’arrive pas à le faire bien . Je ne sais pas, ils sont toujours trop mignons, non c’est même pas ça… y a le défi, mais il est morne, comme un qu’aurait du ravaler sa faim et sa gouaille avec… trop de fatalisme
– ouais je vois. Non mais moi c’était pareil avant, c’est normal  :  ces gamins là ils imitent, pauvrement, faut voir l’original, l’être surnaturel !
– Quoi la gargouille ? Nan mais attends là , si y faut voir la nuit pour faire le « lippe na toc »…  »

L’expression a évolué par la suite, et voici par quel processus.  Les peintres boivent beaucoup, surtout les peintres parisiens et surtout ceux qui pour manger doivent aller cueillir la beauté sur le fumier de la misère enfantine, heureusement disparue de nos rues grâce aux autorités charitables et modernes. On se doute bien que l’élocution des gribouille en devenait hasardeuse, leurs émois grandissait en abstrusion, à mesure que le romantisme de leur condition flamboyait. « Dis moi comment tu manges et je te dirais qui tu es ».   Leurs phrases en plus se fondaient dans l’excitation des cabarets à la foule mêlée.
Ainsi, un jour, un carabin égaré dans leurs parages interpréta ce gargouillis en racine gréco-latine, et dans son ivresse grava l’expression dans les toilettes, pour « dire quelque chose d’intéressant ». La même nuit un académicien habitué des lieux, lui, car il recherchait la compagnie de poulbots-modèles, sans doute par philanthropie esthétique, nota ce mot nouveau, juste pour se faire mousser chez ses verts à lui.

Et c’est donc ainsi que la « lippe Na ! Toc ! » que pour bien faire « on devait voir la nuit », devint « nyctalope  :  qui voit la nuit ».

7 réflexions sur “De l’origine des mots…

  1. Nictalope je le suis … enfin de moins en moins. Il y a une ou deux décennies, j’étais parfaitement capable de randonnée la nuit sans lampe. Je le fais encore aujourd’hui à condition que je connaisse le chemin … presque par cœur. Quant aux culs nus, on a cela par ici également avec la cacasse à cul-nu. Là question culture, on est tombé au sous sol !
    Belle soirée, Chachashire.

    Aimé par 1 personne

  2. Oh quel texte fameux , extravagant délire, en guise de commentaire à ma définition folle, mais c’est que l’idée première revient à l’Ecrit’urbulente, et je vais de ce pas y donner ton lien 😉 C’est bon de rigoler

    Aimé par 2 personnes

  3. Merci Patchcath… ❤
    Oui, dans le dico débonnaire, on extravague, on délire toutes les semaines. Et cette semaine, nous avons nyctalopé de concert 😀
    https://ecriturbulente.com/2020/04/26/nyctalope/
    La semaine prochaine, nous borborygmerons…
    Si tu veux ajouter ton grain de sel, c'est ici ! Tu es la bienvenue :D. Et tous ceux qui aimeraient nous faire part de leurs géniales loufoqueries.
    https://ecriturbulente.com/2020/04/27/le-dicodebo-18-20/
    Bises !

    Aimé par 2 personnes

mais tu vas parler, oui ?!

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